27.01.2006

Le recensement confirme le manque de logement

Intervention d'Adeline Hazan lors du conseil municipal du 26 janvier 2006

Monsieur le Maire et Chers Collègues,


En ce début d’année, cette série de garanties d’emprunt annonce de nouvelles constructions qui devraient nous réjouir sur l’avenir de notre agglomération. Mais il n’en est rien car le plan local de l’habitat que vous avez voté, prévoit des constructions nouvelles (900 par an) et ce chiffre correspond tout juste à l’addition des démolitions liées à la rénovation urbaine et à la décohabitation dite naturelle par l’INSEE.

En ce début d’année, cette série de garanties d’emprunt annonce de nouvelles constructions qui devraient nous réjouir sur l’avenir de notre agglomération. Mais il n’en est rien car le plan local de l’habitat que vous avez voté, prévoit des constructions nouvelles (900 par an) et ce chiffre correspond tout juste à l’addition des démolitions liées à la rénovation urbaine et à la décohabitation dite naturelle par l’INSEE.


Avec votre plan local de l’habitat, comme avec les anciens, vous avez fait le choix de ne pas développer le logement dans notre ville et les derniers chiffres du recensement le confirme.


En utilisant les chiffres de l’INSEE à notre disposition sur l’arrondissement de Reims qui correspond en gros au Pays rémois, on découvre une évolution positive d’un peu plus d'un pour cent par an dans le Pays rémois hors l’agglomération Rémoise.


En fait, on s'aperçoit que Reims ville décline et que la première couronne progresse très peu. C'est la couronne la plus éloignée qui gagne vraiment de la population avec les problèmes que cela peut entraîner en termes de déplacements, de garde d’enfants etc. pour les familles.


C'est bien un cercle vicieux. Le manque de logements éloigne la population toujours davantage et dans le même temps augmente le prix des logements à Reims.


A ce constat, il faut répondre comme nous l’avons déjà dit ici par une politique du logement claire, une politique du logement mise en place avec l’ensemble des partenaires de logement (l’État, le Département, les organismes logeurs, les investissements privés, les associations de locataires et habitants). Nous, élus-es de gauche, pensons que cette politique doit se construire autour de deux axes :


1)      L’accession à la propriété dans Reims et son agglomération pour les familles à faibles et moyens revenus.
2)      La création d’un partenariat pour le logement entre les locataires, les bailleurs, publics comme privés et la Collectivité qui, comme dans ces délibérations, garantit les prêts.


1) Accession à la propriété
Pour accéder à la propriété, la Ville peut faire, avec une politique foncière dynamique, baisser le prix du terrain et par ricochet, des maisons et des appartements. Le marché foncier est un marché comme les autres qui se base sur l’offre et la demande. Aujourd’hui, à Reims, les prix sont élevés car les terrains sont rares. Si demain la ville dans le même temps aménageait plusieurs réserves foncières et vendait des terrains, elle élargirait l’offre et de ce fait participerait à une baisse des prix.


Même si nous ne sommes pas dans la situation de villes comme Nantes ou Montpellier où les réserves foncières sont très importantes, nous avons dans notre agglomération plusieurs zones que la Collectivité Ville ou CAR peut mettre en chantier, pour faire levier sur le prix du foncier. Je pense ici au barreau Est dont on parle depuis bientôt 20 ans, le ZAC de Bezannes ou le nord ouest de Bétheny.


2) Un partenariat pour le logement
Depuis plusieurs années, le travail des locataires, souvent dans un rapport de force, a obligé les bailleurs à faire des efforts comme l’a montré le combat exemplaire des locataires du quartier Pays de France sur la question de l’eau chaude et du chauffage.


La Ville comme la Car doivent mettre en place un lieu de rencontres et de dialogue en amont des problèmes sans attendre des situations de crise. Nous pensons que le rôle de la Collectivité n’est pas de remplacer les associations de locataires ou les bailleurs mais de mettre en place les outils de prévention et de conciliation pour que cela fonctionne mieux entre locataires et bailleurs dans une commune où 45 % des logements sont des HLM ou des ILM.


La commune qui garantit les emprunts des bailleurs HLM privés comme publics, doit travailler avec eux en amont des projets pour que cela corresponde à la politique de logement de la Collectivité, que ce soit pour le type de logement et leur localisation.


Nous devons garantir le parcours résidentiel de chacun des habitants de notre territoire.


En conclusion, dans la seule région de France qui perd des habitants, il est important que sa capitale régionale se développe et cela ne peut passer que par une politique du logement ambitieuse. Une politique du logement globale sur l’ensemble du Pays rémois mais aussi pour l’ensemble des populations. Nous savons que le TGV va apporter des nouvelles populations sur notre territoire et cela ne doit pas se faire au détriment des Rémoises et des Rémois en difficulté.

 

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