24.04.2006

CHU de Reims - Campagne budgétaire 2006

Lors de la réunion du Conseil d’Administration du CHU du 17 mars dernier, je suis intervenue au sujet de la diminution des moyens pour le service public hospitalier. En fin de semaine dernière, la Fédération Hospitalière de France est intervenue dans le même sens.
Je vous joins ci-dessous mon intervention au Conseil d’Administration du CHU et le lien sur le communiqué de la Fédération Hospitalière de France : 

http://www.fhf.fr/actualites/evenement.php?id=23

Adeline HAZAN

"Dans cette campagne budgétaire qui ne peut être mise en place faute des éléments de la part de l’Etat, je souhaite intervenir sur un point important de notre budget qui est l’évolution de l’ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie des établissements de santé). Le gouvernement avait arrêté une hausse de 3,44 % de l’ONDAM en opposition avec la proposition du ministère des Finances qui était de 4,5 %.
 
La Fédération Hospitalière de France a évalué à + 4,32 % l'augmentation minimum nécessaire des moyens des établissements hospitaliers par rapport à 2005. La circulaire budgétaire rendue publique lundi 27 février promet aux hôpitaux une évolution de leurs moyens en 2006 qui devrait se situer, en fait, entre + 1,5 % et + 2 %, et non à + 3,44 % comme annoncé par le ministre de la Santé.

L'écart entre le chiffre annoncé de + 3,44 % et l'augmentation réelle des dotations budgétaires (+ 1,5 % à + 2 %) s'explique d'une part par une amputation des crédits 2006 destinée à compenser une augmentation des dépenses 2005 liées à la croissance de l'activité des hôpitaux (250 millions d'euros) et d'autre part, par le plan d'économie (560 millions d'euros) imposé au secteur hospitalier par un gouvernement qui ne fait pas de la santé publique une priorité pour notre pays.

C’est une remise en cause de fait de la réforme de la tarification. Celle-là même sur laquelle le monde de l’hôpital  a fondé de réelles espérances et pour laquelle il s’est engagé. Des tarifs de moins en moins fondés sur les coûts. Leur baisse, par anticipation d'une augmentation d'activité, réduit à néant les espoirs fondés par cette réforme de la tarification.

Avec ce choix purement économique, nous assistons à une maîtrise comptable aveugle et démotivante, rendant la contractualisation interne relativement illusoire.

Notre établissement a entrepris des efforts importants pour utiliser au mieux ses ressources. L'écart est considérable entre les moyens octroyés et les besoins prévisibles, il sera difficile de le combler sans toucher à l'emploi.

Je souhaite rappeler ici les résultats d’un sondage publié ce mois-ci dans lequel on peut lire que 90 % des français estiment qu'il n'y a pas assez de personnel dans les hôpitaux. Ce n’est pas avec des ressources qui n’augmentent pas assez que nous pourrons créer les postes dont l’hôpital à besoin pour améliorer le bien être les malades.
 
En conclusion, je souhaiterais rappeler ici le rôle important d’un CHU comme le nôtre pour notre ville et notre région et attirer l’attention du gouvernement sur la menace que représentent ces restrictions financières pour la modernisation de l'hôpital et plus généralement pour la santé publique.

Cet exercice budgétaire semble difficile et risque de placer notre conseil d'administration dans une situation inacceptable où nous n'aurons d'autre choix que de voter des budgets en déficit. Mais il nous reste la possibilité d'attendre que l’Agence Régionale d’Hospitalisation décide d'office de notre budget."

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