30.06.2006

Stationnement payant : extension et tarifs

Intervention de Mireille WOJNAROWSKI lors du conseil municipal du 26 juin 2006

 

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Les politiques de stationnement soulèvent toujours des débats et selon les heures et les catégories de personnes, le coût du stationnement suscite des questions.

Le coût du stationnement n’est-il pas discriminatoire à l’égard des personnes à revenus modestes ?

La réponse est, nous semble t-il, positive mais à nuancer très largement.

D’abord, disons-le clairement, oui, le coût du stationnement contribue à rendre difficile l’utilisation d’une voiture pour des gens modestes alors qu’il est relatif pour d’autres.

Néanmoins, constatons plusieurs choses : si le stationnement est un élément discriminatoire, d’autres mécanismes (TVA, TIPP, péages) contribuent aussi à cette discrimination sans compter tout simplement la valeur d’achat d’un véhicule et les frais annexes. Bref, la voiture n’est pas à la base, un produit qui s’adresse à tout le monde.

L’argument tenant à la discrimination sociale du stationnement payant est certes compréhensible mais doit donc être relativisé puisque c’est le budget global du coût d’utilisation de la voiture qui est déjà socialement discriminatoire.

De plus, en 2001, le District a voté un Plan de Déplacement Urbain qui prévoit une baisse des déplacements en voiture, et c’est bien entendu comme une application de cet objectif qu’il faut analyser ce dispositif.

Ne nous voilons pas la face, tout en étant loin de souhaiter la disparition de la voiture comme moyen de transport, on peut estimer au vu des éléments fournis par le CERTU et le GART que 40 à 50 % des déplacements en voiture peuvent se faire par d’autres moyens et peuvent être évités.

Le stationnement est-il un bon moyen de limiter le problème de la voiture en ville et ses conséquences notamment la pollution et le bruit ?

Précisons d’emblée qu’il s’agit d’un moyen de limitation de la voiture et pas du moyen. La réduction de la voirie, la création de parkings relais, le développement des pistes cyclables, des transports en commun, de l’inter-modalité participent aussi de cette limitation. Je ne reviendrai pas dessus, vous savez comme moi que certains sont les grands oubliés de votre politique encore trop pro-voiture individuelle.

Sur la question de l’efficacité de la politique de stationnement, les Verts ont toujours demandé qu'il y ait une évaluation continue des mesures prises et de leur efficacité.

Par exemple, la première demi-heure gratuite permet-elle de façon exceptionnelle de se garer convenablement pour faire une course au passage d’un déplacement ou incite-t-elle à faire ses courses en voiture ?

Ne faudrait-il pas lier les avantages du stationnement "résident" à une utilisation obligatoire des transports en commun ?

Par ailleurs, ne devrions-nous pas  moduler le coût du stationnement résidentiel selon la pollution et l’emprise des voitures ? Monsieur le Maire, au vu du vœu adopté par notre Assemblée à l’unanimité, cela nous paraît être une voie intéressante à explorer.

Avant de conclure, j’aurais deux remarques sur la zone de stationnement payant.

 

1ère remarque

Les élus-es Verts aimeraient comprendre pourquoi vous étendez la zone de stationnement payant alors que la zone définie en 2001 n’est toujours pas pourvue d’horodateur sur son ensemble. Je prendrai comme exemple le quartier Saint Rémi. Avant d’étendre la zone ne faut-il pas finir de l'équiper ?

 

2ème remarque

Vous proposez l’extension de la zone de stationnement payant sur deux nouveaux faubourgs, celui de Laon et de Courlancy mais vous oubliez les faubourgs Jaurès et Cernay qui sont pourtant à la même distance du centre de la ville. Pourquoi faudra-t-il acheter une carte de résident quand on est riverain du boulevard Albert Ier et pas de la rue des Templiers ? Monsieur le Maire, il semble qu’il y ait là deux poids deux mesures.

En conclusion, Les élus-es Verts voteront naturellement ce projet, mais demandent la mise en place d’une évaluation du dispositif qui n’est qu’un élément d’une politique plus ambitieuse encourageant une utilisation raisonnée de la voiture et favorisant les modes de transports alternatifs plus doux. Mais pour cela, nous craignons qu’il faille attendre 2008.

 

Réponse de F. Mobuchon, Adjointe à la voirie : le stationnement est un outil de gestion de l'espace public et non un moyen pour la Ville de se faire de l'argent. On a droit à une certaine qualité de vie et on récupère beaucoup de place avec ce stationnement payant. Le stationnement payant permet une meilleure rotation, si on le supprime, on réduit l'activité économique qui a besoin de voitures. Quant au périmètre, qui dit vote, ne dit pas installation le lendemain matin. La Ville a une demande importante de stationnement payant de la part des riverains, comme par exemple rue de Courcelles ou rue de Courlancy. Les habitants en ont assez du stationnement anarchique et des voitures ventouses.

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