11.07.2006
Tramway : non au choix de Jean-Louis Schneiter
Interventions des élus Verts lors du Conseil municipal du 10 juillet 2006
Intervention de Mireille WOJNAROWSKI
Monsieur le Maire, Chers Collègues,
Les Verts comme l’ensemble des élus de l’Intergroupe PS – Verts – Divers gauche voteront contre votre délibération imposant sans concertation préalable le système d’Alimentation Par le Sol (APS) sur l’ensemble du centre-ville. L’APS est aujourd’hui une solution chère et non fiable à la différence des lignes aériennes de contact.
Pour les Verts, un tramway bien conçu, c’est le développement de l’offre de transport public, c’est un autre partage de la rue, c’est un réaménagement de notre ville.
Pour nous, il est important de limiter la place de la voiture dans la ville. C’est une nécessité parce que le prix de l’essence explose et va exploser plus encore, mais aussi parce que cette matière première se raréfie.
Nous savons tous que les transports en commun participent à la diminution de la pollution atmosphérique. Des études démontrent le rapport entre les maladies respiratoires et le taux de pollution au CO² qui sont en forte augmentation.
Dans un document que les Verts ont diffusé en février 2005, nous écrivions : « les Verts sont depuis longtemps attentifs à l'équilibre des dépenses publiques. Il faut avant tout savoir que le financement sera assuré par le futur concessionnaire. Les subventions annuelles de la Communauté d'Agglomération le rembourseront. Or, la Communauté ne peut plus prélever d'impôt sur les ménages, seulement sur les entreprises. ». Aujourd’hui, avec 10 millions d’euros d’APS, la note est salée pour les Rémoises et les Rémois.
Pour être réussie, l'arrivée du tramway impose de repenser les autres modes de transport en complémentarité. Il s’agit de sortir du système actuel où seule la voiture est favorisée. Un véritable partage de la rue entre tous les types d’usagers doit être obtenu, en donnant la liberté à chacun de choisir son mode de déplacement.
La voiture doit perdre le rôle de quasi exclusivité qu'elle a actuellement. C'est pourquoi la circulation et le stationnement au centre-ville doivent être revus pour que ceux qui n'y habitent pas ou qui n'ont pas de raison particulière de s'y rendre, en soient dissuadés par un plan de circulation intelligent et en favorisant les autres modes de transport. C'est pourquoi, il faut que soient créés les parkings relais sur l’ensemble des entrées de notre agglomération avec naturellement des tarifs attractifs comme cela se fait partout ailleurs.
Le réseau de bus doit également être complètement repensé. Aujourd'hui, et c’est particulièrement dommageable, les propositions en ce domaine restent trop vagues. S'il ne peut être question de redessiner le réseau dans tous ses détails, les grandes lignes doivent être connues pour être intégrées au dossier de l'Enquête d'Utilité Publique, ce qui n’est pas le cas !
L'amélioration qualitative et quantitative du réseau de bus est une nécessité absolue pour la réussite du projet et elle ne peut être faite par quelques techniciens seuls.
L’équipe désignée pour gérer pendant 30 ans le réseau de transports en commun doit s’engager sur un projet ferme et suffisamment précis de refonte du réseau bus. Ce n’est pas le cas !
A l’inverse de ce qui se passe dans de nombreuses villes, le vélo est actuellement le mode de déplacement le plus oublié à Reims. Il y a décidément beaucoup de difficultés à intégrer des pistes cyclables dans notre ville, alors que ce ne sont pourtant pas elles qui coûtent le plus cher. Aujourd’hui, les élus Verts comme les cyclistes continuent à exiger, mais nous l'avons déjà fait, qu'un véritable réseau cyclable sécurisé soit aménagé dans notre agglomération.
En effet, l'exigence d'un réseau sécurisé et continu de voies cyclables reliant tous les générateurs importants de trafic (quartiers, commerces, zones d'emploi, de services...) est l'une de nos demandes la moins écoutée.
Il s'agit d'obtenir partout où c'est dangereux de véritables pistes séparées de la chaussée. Ailleurs, on peut envisager des parcours reprenant les voies bus et les zones 30. Une véritable carte complète doit être dessinée, programmée. Il ne doit plus être question qu'une seule réhabilitation ait lieu sans qu'une solution soit trouvée.
La densité de notre agglomération devrait permettre un grand nombre de déplacements à pied. En effet, une grande partie de ceux-ci se fait sur des distances qui nécessitent moins d'une demi-heure à pied. Il faut à la fois que les cheminements piétons soient améliorés dans tout nouvel aménagement ou réhabilitation et que des incitations à ce mode de déplacement (campagnes publicitaires, randonnées en ville...) soient organisées. Et cela pas seulement dans l’hyper centre !
Un projet comme celui de la première ligne de tramway devrait :
· Traiter l’ensemble de la population de la même façon
· Permettre une autre conception de l’aménagement urbain
· Rendre la ville plus agréable à vivre
· Partager la rue entre l’ensemble de ces usagers
Intervention de Gérard CROUZET
Monsieur le Maire, Chers Collègues,
Le vote de cette délibération nous pose beaucoup de problèmes. C'est un ensemble imprécis et vous nous demandez de voter les choses les plus diverses.
Je rappelle tout d'abord que les écologistes rémois proposaient déjà, il y a plus de 15 ans, lors de ce qui était encore un projet de parking-piétonisation de la place Drouet d'Erlon, le passage en trémie entre la gare et la place d'Erlon pour créer un mail piétonnier que nous imaginions déjà reliant également la place de la République au Cirque en débarrassant toutes les Promenades des voitures. Nous proposions également l'alimentation du futur parking par ces trémies, comme cela se fait dans de nombreuses villes. Nous étions alors tout seuls et n'avons pas été suivis.
· Le premier reproche que je ferai à votre délibération est son flou. Vous nous proposez de voter 75 M€, mais qui comprennent quoi ? La trémie devant la gare est indiquée, mais la piétonisation totale des Promenades est-elle incluse ? Quel type de rénovation est prévu pour les quartiers Croix Rouge et Orgeval et pour quel montant ?
· Deuxième reproche : cette subvention comprend au moins une somme sur laquelle nous ne sommes pas d'accord, l'Alimentation Par le Sol au centre-ville. Je n'y reviendrai pas, Mesdames Hazan et Wojnarowski vous ayant déjà exposé notre position.
· Troisième problème : l'accumulation des dépenses de rénovation de voirie au centre-ville. Nous sommes en train de rénover la rue de l'Etape, il est prévu dans les mois à venir le Parvis de la Cathédrale, le haut de la rue Libergier, la rue Buirette, la rue Talleyrand.
Vu l'état d'endettement croissant de notre Collectivité et les difficultés à trouver des ressources nouvelles à cause de la stagnation de la population et de sa pauvreté relative, il nous semblerait sage d'échelonner toutes ces dépenses. Par ailleurs, toutes ces rénovations sont au centre-ville. Il est inutile de citer les grandes artères de nos quartiers qui sont dans un état lamentable, l'Adjointe à la voirie l'admet ouvertement. Quand on prévoit dans les années à venir des dizaines de millions de rénovation de voirie sur le parcours du futur tramway, ne serait-il pas plus sage d'étaler les autres rénovations dans le temps pour ne pas risquer de plomber l'état financier de la Collectivité ?
Certes, au moment des municipales, vous pourrez vous targuer d'avoir rénové quasiment toutes les principales rues du centre, mais pas celles des quartiers. Et vous nous proposez en même temps avec votre échéancier sur cette subvention, de bloquer pour au moins 4 ans les possibilités de réhabilitation de voiries.
Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons vous suivre dans cette délibération, même si elle comprend des travaux qui nous tiennent, je l'ai rappelé, et depuis longtemps, particulièrement à cœur.
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