25.09.2007

Garanties d’emprunt et projet d’aménagement du site de l’hippodrome

Intervention d’Eric QUENARD lors du Conseil municipal du lundi 24 septembre 2007

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Les présentes délibérations concernent les garanties d’emprunt de laVville pour des constructions de logements ou des achats de terrain. Je voudrais donc revenir quelques instants sur la politique de garanties d’emprunt de notre ville et sur un projet urbain en particulier, à savoir l’aménagement du site de l’hippodrome.

 

1/ La politique de garanties d’emprunt de notre ville

Elle se poursuit invariablement depuis de nombreuses années sans que notre Collectivité ne donne le sentiment de vouloir opposer à ces garanties d’emprunt la moindre contrepartie.

Or au fil des années, la situation a changé. La question du logement est devenue pour beaucoup de nos concitoyens une priorité parce qu’elle a pris une part de plus en plus importante dans le budget des familles avec l’augmentation des loyers et des charges locatives.

C’est pourquoi, je crois que nous devrions envisager de construire une nouvelle relation avec les organismes logeurs de notre ville ; établir un nouveau contrat qui prenne en compte les attentes de la Ville en matière de politique de l’habitat et les exigences qu’elle pourrait formuler. Et la Ville doit avoir des exigences dans sa politique d’aménagement urbain comme d’ailleurs elle doit être sensible à la situation des Rémois locataires. La garantie d’emprunt doit donc être un outil au service de la politique de logement de la Ville.

 

2/ Le deuxième sujet que je tenais à évoquer, c’est l’aménagement urbain du site de l’hippodrome avec la construction de logements

Je veux vous redire que ce dossier me paraît, Monsieur le Maire, bien mal engagé.

Il est bien mal engagé parce que, contrairement à l’idée selon laquelle une large concertation serait mise en place, j’ai appris fortuitement qu’une consultation de promoteurs privés avait déjà été lancée et qu’initialement les offres d’achat devaient être déposées pour le 25 septembre. J’ai cru comprendre que ce délai pourrait être prolongé d’un mois supplémentaire. Je m’interroge d’ailleurs sur le fait qu’aucun des bailleurs sociaux de la ville n’ait été sollicité sur un projet d’une telle ampleur.

Il est bien mal engagé parce que l’on a le sentiment que tout se précipite. Or un projet d’aménagement de cette ampleur nécessite de prendre son temps. Je rappelle que la Société des Courses de Reims à une convention lui permettant de louer l’hippodrome jusqu’en 2010.

Il ne vous a pas échappé que les élections municipales auront lieu en mars 2008. Aussi, ne croyez-vous pas qu’il serait plus sage de différer ce projet et d’attendre le résultat de ces élections au lieu de tout figer dès à présent.

Je vous remercie de votre attention.

 

Réponse de J.L. SCHNEITER :  Concernant l'hippodrome, il y a en effet, un calendrier des élections municipales ! Nous voulons avoir un avis pour savoir ce que cela peut coûter. Nous avons "rendu" un mois de délai à la demande d'un architecte pour aller au bout de la réflexion. Aucune décision n'est prise en quoi que ce soit, rien n'est ficelé. Nous aurons un certain nombre de propositions, cela restera très ouvert. Aucune décision ne sera prise avant les élections municipales.

 

NB : les élu-e-s de l'Intergroupe PS-Verts-Divers Gauche se sont abstenus sur cette délibération

Maisons de Quartier: quel bilan, quel avenir ?

Intervention d’Adeline HAZAN lors du Conseil municipal du lundi 24 septembre 2007

Dans cette délibération, vous nous proposez le 17ème avenant de la convention cadre avec l’Association des Maisons de Quartier de Reims. Cette délibération nous pose de nombreuses questions sur l’avenir des Maisons de Quartier mais auparavant sur le bilan de la fusion que vous et votre équipe avez décidée.

 

 

1) Sur le bilan de cette fusion :

Je rappellerai tout d’abord que la fusion des Centre Sociaux et des Maisons des Jeunes et de la Culture a été décidée par votre majorité, qu’elle était guidée par un choix de rationalisation financière et qu’à l’époque, nous, élus de la gauche, tout en étant évidemment favorables à une utilisation plus efficace de l’argent public, nous avions exprimé beaucoup d’inquiétudes et avions insisté sur la nécessité de sauvegarde d’une vie associative et démocratique. Ceci nous avait été refusé, mais surtout refusé aux militants de l’Education Populaire engagés depuis longtemps dans les MJC.

A l’époque de cette fusion, vous promettiez un meilleur service à la population pour une participation de la commune équivalente. Aujourd’hui, la participation de la commune augmente chaque année, 4,7 M€ au 31 décembre 2006, 4,9 M€ en 24 septembre 2007. Et ce sans que les services n’évoluent particulièrement et en outre avec l’inquiétude récurrente que des Maisons vont disparaître.

 

2) Précisément sur l’avenir des Maisons de Quartier :

Je rappelle qu’en avril dernier, vous avez décidé de faire appel à un cabinet de consultants afin d’étudier la situation financière et organisationnelle des Maisons de Quartier. Le rapport de ce cabinet présentait une situation alarmante, à savoir un déficit chronique de 100 000 € pour les prochaines années. Déficit qui ne semblait pouvoir être assumé que par la Collectivité au vu du désengagement de la CAF. La délibération de ce jour le prouve une fois de plus. La CAF n’est plus un partenaire équivalent à la ville pour les Maisons de Quartier

Le second volet de l’étude sur la situation des Maisons de Quartier portait sur les questions organisationnelles. En notre qualité d’élus de la ville, nous n’avons pas eu communication du rapport alors que c'est notre Collectivité qui l’a financé. Nous vous en faisons à nouveau expressément la demande.

A partir des échos que nous en avons, comme d'ailleurs les usagers et les salariés des Maisons de Quartier, on peut craindre la fermeture de 4 à 5 Maisons de Quartier dans les prochains mois : Maison-Blanche, Claudel, Verrerie, mais aussi l’espace la Nacelle...

Or nous attendons une position claire de notre Collectivité qui ne peut se résumer à un « c’est à l’association de gestion de faire des choix ».

C’est pourquoi, une fois de plus je vous demande, solennellement, Monsieur le Maire, des réponses claires et des engagements sur le devenir des Maisons de Quartier.

 

 

Réponse de F. NOËL, Adjoint : il y a des difficultés financières mais surtout des difficultés organisationnelles. C'est l'association de gestion qui a fait réaliser les audits. Le rapport organisationnel a été présenté comme un projet au conseil d'administration de l'association de gestion. Aucune décision n'est prise concernant des fermetures. L'association de gestion devrait faire des propositions lors du Conseil d'Administration de novembre. Il faut réformer le fonctionnement de ces équipements mais il n'est pas impossible que certains soient obsolètes.

Intervention de J.L. SCHNEITER : nous avons à regarder les choses cas par cas. Le problème majeur, c'est le problème de la Maison Commune du Chemin Vert que la Ville doit reprendre en gestion directe. C'est à l'association de gestion à prendre ses responsabilités.

Intervention de Jacques MEYER : l'audit a été financé par la ville. Monsieur le maire vous avez reçu le rapport et vous refusez de le donner au Conseil. Les Conseillers doivent tous être au même niveau d'information pour pouvoir voter en connaissance de cause.

Réponse de J.L. SCHNEITER : c'est un document de travail qui n'est pas la propriété de la Ville mais qui appartient à l'association. Vous pouvez demander à l'association de vous le communiquer !

Dénomination de rues : où sont les femmes ?

Intervention de Raymond JOANNESSE lors du Conseil municipal du lundi 24 septembre 2007

 

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Dans ces trois délibérations, vous nous proposez d’attribuer des noms à de nouvelles voies de la ville. Ces dénominations appellent, de ma part, deux remarques.

Bien que la part féminine de la population soit de 50 %, vous réussissez le tour de force de n’avoir proposé aucun nom de femme sur 13 dénominations ! Pourquoi en cette année anniversaire de la mort  de Maria Callas, le succès des Flâneries Musicales et que des dénominations aient lieu dans le quartier Wilson, n’avez vous pas pensé à lui en attribuer une ?

Ma deuxième remarque, qui rejoint en partie la première, est le manque d’ouverture et de fait le renfermement sur soi que les noms choisis impliquent. La majorité des dénominations est soit  rémo-rémoise, soit passéiste alors que l’ouverture de la ligne TGV Est , ainsi que la création d’une ligne de tramway doit nous projeter dans le futur, faire de notre ville, une cité en marche vers l’avenir. Vos dénominations n’incitent pas à l’ouverture vers les autres, à regarder ailleurs.

Aussi je vais vous refaire deux propositions. Deux rues attribuées l’une à Ingrid Betancourt, l’autre à Aung San Suu Kyi. La première prisonnière d’une rébellion utilisant le kidnapping comme arme politique face à un gouvernement utilisant des milices armées pour lutter contre cette rébellion, l’autre prix Nobel de la Paix, maintenue à résidence par la junte militaire birmane car opposante.

Ces attributions, outre que ce sont des femmes, mettraient en avant  deux personnalités luttant démocratiquement pour la liberté et l'émancipation des femmes en respectant les droits humains.

Notre ville l’a déjà fait, en attribuant une rue à Nelson Mandela, pour le soutenir durant ses années d’emprisonnement. Mais il est vrai que la ville était dirigée par la gauche et cependant depuis la libération de Nelson Mandela, cette rue n’a pas été débaptisée.

Je vous remercie de votre attention.

Raymond JOANNESSE

 

 

Réponse de J.L. SCHNEITER : j'ai une théorie qui vaut ce qu'elle vaut : on ne donne pas le nom d'une rue à une personne encore en vie ! Les noms de rue sont aussi la mémoire de la ville mais je suis d'accord, il n'y a pas beaucoup de noms à consonance féminine.

Halles du Boulingrin: parité du financement

Intervention de Jacques MEYER lors du Conseil municipal du lundi 24 septembre 2007

Monsieur le Maire,

Nous nous félicitons de cette délibération qui prouve que le dossier de la restauration des Halles avance, même si c'est avec une lenteur exemplaire. En effet, la convention entre l'Etat et la Région date du 29 mai 1996, soit il y a un peu plus de 11 ans !

Par ailleurs, et c'est l'objet de mon intervention, cette convention (de 1996) prévoit que les deux partenaires, l'Etat et la Région, s'engagent à financer à parité la rénovation des Halles.

La parité, nous y sommes tous attachés, pas seulement pour les élections, mais aussi sur le plan financier.

Or, la délibération précise que l'Etat apportera 232 000 € et la Ville 506 000 €.

Où est la parité ?

Chauffage urbain du quartier Croix-Rouge

Intervention d’Eric QUÉNARD lors du Conseil municipal du lundi 24 septembre 2007

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

La présente délibération concerne la délégation de service public du chauffage urbain du quartier Croix-Rouge.

Vous savez que cette question du chauffage urbain est une préoccupation majeure pour les organismes logeurs mais aussi et surtout pour les locataires qui s’acquittent des charges locatives.

Nous avons à plusieurs reprises émis des doutes sur l’entretien incombant à la SOCCRAM sur la partie primaire du réseau de chauffage. D’ailleurs, une procédure est toujours en cours devant la justice.

En conséquence, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

Vous avez dit "éco-quartier" ?

Intervention de Mireille WOJNAROWSKI lors du Conseil Municipal du lundi 24 septembre 2007

Réhabilitation de la direction des espaces verts

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Lors du dernier Conseil municipal exclusivement réservé au Plan Local d’Urbanisme, l’une des seules nouveautés du PLU était la création d’un éco-quartier au sein de la coulée verte.

Dix jours plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui, vous nous proposez la validation du programme de réhabilitation de la direction des espaces verts. Celle-ci se trouve au cœur de la coulée verte dans l’une des trois zones prévues par vous pour la construction d’un éco-quartier.

Alors, il est logique que ce programme propose les premiers bâtiments HQE de la Collectivité :

-   pour répondre aux exigences du PLU arrêté par vous,

-   pour montrer l’exemple auprès des futurs bâtisseurs de ce quartier,

-   pour répondre aux demandes de plus en plus importantes de la population concernant les questions environnementales,

-   pour être en phase avec le très médiatique Grenelle de l’Environnement,

-   pour utiliser cette réhabilitation comme un exemple à citer dans votre prochaine campagne électorale,

Rien de tout cela !!

Pas de chauffe-eau solaire, pas de toiture végétalisée, pas de production photovoltaïque d’électricité…

La seule « nouveauté », c’est la récupération de l’eau de pluie pour l’arrosage des plantes, utilisée depuis longtemps dans tous les jardins ouvriers de notre ville. Ce programme de réhabilitation aurait pu être rédigé en 1970.

En conclusion, avec ce programme, vous proposez pour le futur, un équipement répondant aux normes du passé !

Vélos gratuits : une occasion manquée !

Intervention de Raymond JOANNESSE lors du Conseil municipal du lundi 24 septembre 2007

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Cette délibération nous propose de valider l’attribution de l’équipement et l’exploitation du parking Hôtel de Ville. Or, à la lecture des pièces annexes, l’un des candidats non retenus proposait la  mise en place d’un service de prêt gratuit de vélos la première demi-heure.

A l’heure où de nombreuses communes étudient la mise en place d’un tel système, devant le succès rencontré à Paris et Lyon, je m’étonne du peu de publicité faite autour de cette offre. Déjà lors de la présentation à la Commission Voirie, cette proposition d’un des candidats n'a pas été mentionnée.

Mais après  réflexion, je me suis dit que vous ne vouliez peut être pas mettre la carriole avant le vélo !! Je m’explique. Lors de différents Conseils, je me suis exprimé pour dénoncer le manque d’ambition dont vous faites preuve pour développer un réseau cyclable continu et cohérent dans la ville et l’agglomération. Peut être que maintenant, vous vous en rendez compte ?

Car si, comme votre Adjointe le rappelle fréquemment, vous avez doublé le kilométrage de voies cyclables, celles-ci sont passées de 20 à 40 km en 6 ans soit 3 km par an !!! Et je ne parle pas de la qualité de certains tronçons. Sachant qu’un réseau digne de ce nom devrait faire environ 100 à 120 km à Reims et son agglomération, il faudra 30 ans encore pour le voir achevé. A ce rythme, pas sûr qu’une majorité des membres de cette Assemblée en voit la fin. Pour rappel, la ville de Strasbourg a construit un réseau de 400 km en à peine 20 ans !!

Ce n’est pas seulement la mise à disposition d’un service de location de vélos qui incitera nos concitoyens à utiliser la bicyclette comme mode de déplacement s'ils n'ont pas, comme actuellement, le sentiment de pouvoir se déplacer en toute sécurité.

Je vous remercie de votre attention.

Raymond JOANNESSE

12.09.2007

Le Plan Local d'Urbanisme (PLU) : quel modèle urbain pour Reims au XXIe siècle ?

Intervention de Adeline HAZAN lors du Conseil Municipal du mardi 11 septembre 2007 consacré au projet de PLU

 

Monsieur le Maire,

Vous soumettez au vote du Conseil municipal l’adoption du Plan Local d’Urbanisme.

Un Plan Local d’Urbanisme est un document d’apparence uniquement technique, dont l’intérêt peut sembler a priori limité ou réservé aux spécialistes (les juristes, les architectes et les constructeurs).

Mais en réalité, ce document technique doit être la traduction d’une vision stratégique du développement urbain, la définition du modèle urbain original que les responsables politiques de la Collectivité entendent développer.

En fait, au travers du débat sur le PLU, c’est d’un débat ou d’une vision du développement de l’agglomération rémoise pour les 10 ou 15 ans à venir dont il devrait s’agir.

Or le PLU que vous soumettez à notre vote, n’exprime, au-delà de ses dispositions techniques, aucune véritable vision stratégique ni aucune véritable prise en compte des impératifs de développement de notre agglomération.

Aujourd’hui, notre ville, en tant qu’espace urbanisé, souffre, comme beaucoup d’autres villes, de plusieurs maux dont les principaux sont une crise du logement, un environnement urbain et architectural de qualité limitée, une insuffisante prise en compte des impératifs du développement durable, une division de la ville en segments étanches.

Je vais aborder ces quatre points successivement.

 

         I) La crise du logement à Reims :

Nous voulons que Reims soit une ville dynamique et attractive, nous voulons que Reims soit le cœur dynamique et performant d’un territoire plus vaste, qui est celui de la Métropole rémoise. Avec l’arrivée du TGV, nous voulons aussi que Reims puisse accueillir des flux de population et d’entreprises venant du bassin parisien.

Pour cela, il faut rendre notre agglomération attractive et il ne peut y avoir attractivité sans résolution de la question du logement.

On sait (et ces chiffres sont rappelés dans le diagnostic du SCOT) que le nombre de ménages en 2006 était estimé à un peu plus de 120 000 alors que les premières  projections INSEE étaient à 127 000. On sait que Reims intra-muros a déjà perdu 3 000 habitants. Que si l’on veut atteindre les projections INSEE, c’est-à-dire 137 000 ménages en 2015, et enrayer la fuite démographique, il nous faut des apports migratoires important et donc une politique volontariste de développement du logement.

La question la plus importante est donc la suivante ; elle est d’ailleurs posée dans le diagnostic du SCOT : comment transformer le territoire de l’agglomération en territoire d’accueil et inverser les flux de population et d’entreprises ?

Or le document que vous nous soumettez ne propose aucune piste pour répondre à cette question.

A cet égard, je m’étonne d’ailleurs que vous nous soumettiez le PLU alors que le SCOT n’a pas encore été débattu en conseil municipal, il y a là une logique qui m’échappe…

Et précisément dans le document « Diagnostic territorial du SCOT (chapitre 1 page 45) il est indiqué qu’une  « gestion économe de l’espace et la recherche de la qualité urbaine passent impérativement par « un arbitrage » en faveur des densités urbaines, en rupture à la fois avec les « grand ensembles et avec les lotissements ».

Or vous ne donnez aucune indication à ce sujet, alors que cette question de la « densité urbaine » est fondamentale. Faut-il comme vous le faites, limiter systématiquement la hauteur des immeubles alors que précisément la ville manque de terrains pour y construire des logements ?

Il ne faut pas confondre la question de la densité urbaine et celle de la qualité de l’urbanisme. 

Ce dont souffrent nos quartiers, ce n’est pas d’une densité trop grande, mais d’une mauvaise qualité des immeubles et de l’absence des éléments qui tissent une ville (équipements, espaces publics, services, emplois…).

Concernant les difficultés à se loger pour les habitants, il faut distinguer les difficultés des habitants des quartiers dits « périphériques » et celles des « classes moyennes ».

Concernant les difficultés des habitants des quartiers périphériques, il faut rappeler que ces quartiers ont souvent été conçus entre 1950 et 1970 dans le cadre d’une urbanisation qui a montré ses limites, avec un vieillissement rapide du bâti et que l’on est arrivé à une véritable crise de ces espaces urbains.

Pour résoudre ces difficultés, la politique gouvernementale, relayée localement, consiste à démolir pour reconstruire différemment.

Nous avons déjà eu l’occasion de dénoncer cette politique, qui n’est pas la bonne réponse aux problèmes des quartiers. De nouveaux architectes urbanistes s’élèvent contre ce principe, l’un d’entre eux disait récemment que « casser est un acte paresseux et violent qui nie l’histoire et les gens qui vivent dans les quartiers ».

Ce qu’il faut, c’est rénover les logements des habitants des quartiers, y introduire des commerces, de l’activité, de l’espace public aménagé, des équipements collectifs…

Aujourd’hui, il faut passer au stade de la qualité et faire de ces quartiers des véritables territoires au sens politique du terme, rassembler sur un projet avec des représentants élus et un véritable fonctionnement démocratique.

Difficultés donc pour les habitants des quartiers mais difficultés aussi pour les « classes moyennes »  pour se loger ; ces dernières ne peuvent pas accéder au logement social, mais leurs revenus ne leur permettent plus non plus d’acquérir sur Reims une maison ou un appartement.

La seule possibilité pour eux est donc de s’éloigner le plus possible de la ville pour aller peupler les zones pavillonnaires qui se développent en périphérie de tous les villages dans un rayon de 40 km autour de Reims.

Les conséquences de ce développement sont totalement nuisibles. D’abord pour Reims qui perd régulièrement des habitants, souvent les plus jeunes et les plus dynamiques ; nuisible ensuite pour l’environnement et la qualité de vie : pour ces personnes contraintes de vivre loin de Reims, mais qui y travaillent, la voiture, voire deux voitures par ménage, est obligatoire et ils restent néanmoins coupés des équipements culturels, éducatifs et commerciaux.

Personne d’entre nous sans doute ne souhaite voir se développer ces villes à l’américaine, ces banlieues interminables et monotones qui sont à l’opposé total de ce qu’est une vraie ville…

Il est de notre responsabilité, à nous, hommes et femmes politiques, de mettre en œuvre les dispositions permettant d’éviter ou de limiter de telles évolutions.

Or le PLU qui nous est proposé ne reflète aucune prise de conscience de votre part sur ce point.

Enfin, puisque la vraie question de fond est celle de la répartition de l’habitat dans l’espace, comment imaginer de réfléchir à un plan d’urbanisme strictement rémois, alors que le véritable territoire de développement de Reims dépasse très largement les frontières de la ville, et même celles de la Communauté d’agglomération ?

 

         II) Un environnement urbain et architectural de qualité limitée :

Reims a beaucoup souffert pendant la première guerre mondiale, et à la fin de la guerre, moins d’une dizaine de ses immeubles étaient intacts.

Ces destructions massives ont laissé des traces profondes dans l’inconscient collectif des Rémois, mais elles ont aussi permis qu’à l’occasion de la reconstruction de la ville se constitue un patrimoine architectural de qualité, celui auquel l’exposition consacré à l’art déco de l’an dernier a rendu, à juste titre hommage.

Je me souviens avoir noté une phrase, à l’occasion de cette exposition. Dans l’un des documents mis à la disposition du public, il était expliqué que la richesse architecturale de la reconstruction de Reims est due à la grande liberté laissée à la créativité des architectes.

Avec le PLU que vous nous proposez aujourd’hui, qui continue d’ailleurs ce que prévoyait déjà le POS, une telle créativité est pratiquement impossible, en tout cas limitée. Je pense en effet qu’il n’est pas utile qu’un PLU définisse de manière aussi étroite qu’il le fait des gabarits pour les constructions. Il s’agit là d’une mesure très bureaucratique qui ne peut aboutir qu’à l’uniformité de l’environnement urbain, donc à sa monotonie.

Nous ne devons pas avoir une vision conservatrice du développement urbain.

Une ville est un corps vivant, en continuelle reconstruction sur elle-même. S’il faut conserver les éléments les plus remarquables de son patrimoine et de son histoire, il faut aussi l’ouvrir enfin sur le 21ème siècle.

 

         III) L’insuffisante prise en compte des impératifs du développement durable :

Le développement durable est aujourd’hui un impératif reconnu par tous ; mais cette reconnaissance se limite bien trop souvent au discours, sans se traduire dans les actes.

Or la préoccupation du développement durable, si elle est présente dans le texte du PLU, ne se traduit pas véritablement par des dispositions effectives.

Il faut avoir aujourd’hui à l’esprit ces chiffres : l’habitat produit 23 % des gaz à effet de serre, et consomme 45 % de l’énergie, loin devant l’industrie et les transports.

La responsabilité des politiques est donc de promouvoir les formes d’urbanisation qui limitent les atteintes à l’environnement et favorisent le développement durable.

Nous devons donc en toutes circonstances faire le choix de la HQE (Haute Qualité Environnementale), limiter au maximum la spécialisation des espaces urbains pour favoriser le mélange des activités, multiplier les espaces réservés aux piétons et aux vélos.

Reims manque aussi d’espaces verts, de lieux de promenades pour les familles ; la coulée verte est un projet que nous soutenons, mais qui peut être beaucoup plus ambitieux. Beaucoup de pistes sont à étudier pour augmenter le nombre de ces espaces.

Je voudrais sur ce point faire une proposition : d’ici trois ans, l’autoroute A4 dans sa traversée de Reims perdra son statut autoroutier pour devenir une voie intercommunale. Je propose que soit mise à l’étude la couverture de l’autoroute dans sa traversée de Reims, par exemple entre le pont de Vesle et le pont de Venise.

Ainsi pourrait être réalisé un vaste espace de promenade reliant la Vesle et le canal, et traversé par la coulée verte.

Je sais qu’une telle réalisation est coûteuse, et c’est pourquoi je ne parle à ce stade que de mener une étude. De nombreuses villes le font, ce serait l’occasion pour nous d’avoir de l’ambition et de l’imagination pour notre ville !

 

         IV) Une ville divisée :

Reims est une ville qui apparaît aujourd’hui fractionnée, divisée, compartimentée

Le centre-ville concentre les commerces, les services, les équipements, notamment culturels. Il est physiquement coupé d’une grande partie des quartiers par les obstacles que constituent la ligne de chemin de fer, le canal, la Vesle, l’autoroute…

Symboliquement, ces obstacles renvoient aux fractures économiques et sociologiques auxquelles ils correspondent malheureusement assez largement et qu’ils renforcent effectivement.

Tous les obstacles physiques ne peuvent être supprimés. Je viens cependant de formuler une proposition, s’agissant de l’autoroute, qui devrait permettre que l’un d’entre eux soit atténué.

Mais à défaut de les supprimer, il faut dans notre ville plus de mixité sociale et plus de circulation entre les quartiers.

Les Rémois vont de leur quartier au centre, mais peu vont de leur quartier à un autre quartier, ou du centre dans un quartier.

Pour qu’une circulation entre les quartiers s’instaure, sans laquelle il n’y a pas de vraie ville, il faut répartir les équipements sur l’ensemble de la ville, ce que ne prévoit pas le PLU.

Il faut aussi, nous l’avons souvent évoqué, que la réhabilitation d’un quartier n’aboutisse pas à ce que la moitié des habitants en soit exclus par suite d’une forte hausse des loyers, comme cela est le cas pour le quartier Wilson.

Enfin, je constate qu’une fois de plus les habitants n’ont été que peu impliqués dans la révision du PLU, même si ce document a été présenté en séance plénière des Conseils de Quartier, et même si un registre a été mis à leur disposition à la Mairie.

Il faut vraiment imaginer d’autres façons d’impliquer les habitants et de les faire réfléchir à la ville qu’ils veulent pour demain que ces mesures trop bureaucratiques, elles aussi, et peu attrayantes.

Un architecte réputé, Patrick BOUCHAIN, qui a réalisé un espace culturel à Nantes, a déclaré : « la ville se construit par osmose pas par décret ».

A méditer…

 

Voilà quelques-unes des priorités politiques que j’aurais souhaité trouver dans ce PLU.

Aucune ne s’y trouve, alors que nous, notre ambition, c’est de donner à notre ville un rôle pionnier dans l’invention d’un modèle urbain original et durable.

On en est loin…

C’est pourquoi, nous ne voterons pas ce PLU.

 

Adeline HAZAN

11 septembre 2007

Le Plan Local d'Urbanisme - PLU

Intervention de Mireille WOJNAROWSKI lors du Conseil Municipal du mardi 11 septembre 2007 consacré au projet de Plan Local d'Urbanisme (PLU)

 

 

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Je souhaite revenir sur deux points importants de ce Plan Local d’Urbanisme :

·         Le PADD

·         L’urbanisme durable

 

1) Le PADD

Le PADD est le Plan d’Aménagement et de Développement Durable. A la lecture de celui que vous nous proposez, nous, élus Verts, avons du mal à voir ce qui est Durable dans ce Plan. Il y a des éléments rappelant le concept de développement durable mais seulement des éléments et seulement du concept. Monsieur le Maire, vous êtes encore aux éléments de concept là où la majorité des agglomérations de notre pays en sont aux réalisations d’aménagements et des nombreuses agglomérations européennes en sont à l’évaluation de politiques démarrées il y a plus de dix ans.

Dans ce PADD, nous aurions aimé trouver des éléments d’une politique faisant du développement durable un axe fort du développement de notre ville. Mais peut-être devons-nous attendre votre prochain programme de campagne pour enfin entendre parler de projet en rapport avec le développement durable ?

Monsieur le Maire, vous avez avec ce PADD privé notre ville d’intégrer les enjeux qui sont l’avenir de notre planète.

2) Un urbanisme durable

Je me permets, Monsieur le Maire, de commencer par définir ce qu’est l’urbanisme durable. C’est l’ensemble des mesures prises pour orienter et contrôler l’affectation et l’utilisation des sols dans le cadre des principes du développement durable. Cette définition n’est pas une définition issue du programme des Verts mais d’un rapport de l’ADEME.

Trouve-t-on dans ce projet de Plan Local d’Urbanisme la mise en place de ceci ? Aucunement !

Le peut-on ?

Oui en laissant par exemple la liberté des matériaux dans de nombreux quartiers. Ce qui n’est pas le cas dans votre projet. Dans les faubourgs de notre ville, vos règles freinent le développement, par exemple, des bâtiments en bois.

Oui en mettant en place des ZAC dans les zones à urbaniser ou à reconquérir, car qui dit ZAC dit règlement de ZAC. Il est alors possible d’intégrer des obligations par exemple les normes de chauffage (comme à Grenoble), des toits végétalisés (comme à Amiens), des circulations douces (comme à Bordeaux) entre autres.

Oui en acceptant la densification de certaines zones de notre ville. Notre objectif n’est pas de refaire des barres d’immeubles bâclés comme à la fin des années 60 mais de préférer des immeubles de qualité au cœur d’espaces verts plutôt que des maisons individuelles participant de l’étalement urbain.

Oui en créant la desserte de transports en commun, les réseaux cyclables, les espaces verts et les espaces publics avant toute construction

Oui en aménagement des zones où les activités, les logements, les services publics… sont mélangés et donc en arrêtant les zones de mono-activité.

Monsieur le Maire, nous élus Verts, pensons qu’il faut travailler à une ville compacte où il fait bon vivre, où chacun à une place et où la mixité sociale est une réalité sur l’ensemble du territoire. Votre projet de PLU, en intégrant quelques micros mesures comme un éco-quartier et des garages à vélo dans les futurs bâtiments, ne répond aucunement à l’urgence écologique de notre planète et à l’urgence sociale de notre ville.

05.09.2007

Quand le gouvernement fait augmenter les impôts locaux…

Le Premier Ministre a confirmé son intention de remettre en cause le pacte de croissance et de solidarité qui liait l’Etat aux Collectivités locales et déterminait les dotations auxquelles elles avaient droit.

 

Une telle décision déséquilibrerait gravement les budgets de nos communes, intercommunalités, départements et régions. Elle entraînerait inévitablement des hausses d’impôts pour les Collectivités.

 

Ainsi, le gouvernement transférerait aux contribuables locaux une large part des cadeaux fiscaux faits aux plus fortunés de notre pays.

 

Nous, élus socialistes, dénonçons avec force ce transfert de l’impôt et l’insupportable injustice qu’il engendrerait.

 

De plus, ces orientations mobilisent des ressources budgétaires importantes avec pour conséquence l’accroissement des inégalités. En effet :

 

• les 6 milliards d’euros consacrés à la défiscalisation des heures supplémentaires, qui bénéficieront au mieux à un salarié sur trois, intensifieront la dégradation des conditions de travail et joueront contre l’emploi et le pouvoir d’achat ;

 

• les 600 millions d’euros dédiés à l’abaissement du bouclier fiscal à 50 % des revenus représentent un cadeau fiscal de 45 000 euros pour chacun des 13 000 ménages les plus fortunés ;

 

• le 1,7 milliard d’euros prévu pour la suppression de l’essentiel des droits de succession sera capté par quelques milliers de familles, puisque 90 % des successions entre conjoints et 80 % des successions en ligne directe (parents à enfants) ne sont pas imposables ;

 

In fine, les 13 milliards de cadeaux fiscaux favoriseront le creusement des déficits et des inégalités.

 

Pour le groupe socialiste et divers gauche,

Adeline Hazan, Christiane Kutten, Jean-Claude Laval, Jacques Meyer, Serge Pugeault, Alexis Valensi, Eric Quénard, Christine Michel

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