28.02.2008

Plan Local d’Urbanisme

Monsieur le Maire,

Lors du Conseil municipal du 11 septembre 2007, je suis intervenue sur l’adoption du Plan Local d’Urbanisme.

Un Plan Local d’Urbanisme est un document technique qui traduit la vision stratégique du développement urbain, la définition du modèle urbain original des responsables politiques de la Collectivité.

Au travers du débat sur le PLU, c’est d’un débat ou d’une vision du développement de l’agglomération rémoise pour les 10 ou 15 ans à venir dont il devrait s’agir.

Lors du Conseil municipal du 11 septembre dernier, nous avons pu constater que nous n'avions pas les mêmes priorités s’agissant du développement de notre ville.

J’avais alors rappelé que Reims, en tant qu’espace urbanisé, souffre, comme beaucoup d’autres villes, de plusieurs maux dont les principaux sont une crise du logement, un environnement urbain et architectural de qualité limitée, une insuffisante prise en compte des impératifs du développement durable, une division de la ville en segments étanches.

Aujourd’hui malheureusement rien n’a changé depuis ce projet ; j’insisterai seulement sur le premier de ces quatre points car il me semble le plus urgent pour notre ville.

La crise du logement à Reims :

Nous voulons que Reims soit une ville dynamique et attractive, nous voulons que Reims soit le cœur dynamique et performant d’un territoire plus vaste, qui est celui de la Métropole rémoise. Avec l’arrivée du TGV, nous voulons aussi que Reims puisse accueillir des flux de population et d’entreprises venant du bassin parisien.

Pour cela, il faut rendre notre agglomération attractive et il ne peut y avoir attractivité sans résolution de la question du logement.

La priorité qui doit être la nôtre est de permettre à chacun de se loger. Pour ce faire, je crois qu’il faut distinguer les difficultés des habitants qui vivent dans les grands ensembles, comme à Croix-Rouge, Châtillons, Wilson, Epinettes, Orgeval, Europe et celles des « classes moyennes ».

Concernant les difficultés des habitants des quartiers périphériques, il faut rappeler que ces quartiers ont souvent été conçus entre 1950 et 1970 dans le cadre d’une urbanisation qui a montré ses limites, avec un vieillissement rapide du bâti et que l’on est arrivé à une véritable crise de ces espaces urbains.

Je suis aujourd’hui convaincue que cette politique qui consiste à démolir pour reconstruire différemment, n’est pas la bonne réponse aux problèmes de nos quartiers.

Ce qu’il faut, c’est rénover les logements des habitants des quartiers, y introduire des commerces, de l’activité, de l’espace public aménagé, des équipements collectifs

Aujourd’hui, nous devons passer au stade de la qualité et penser ces quartiers comme un tout.

Difficultés donc pour les habitants des quartiers mais difficultés aussi pour les « classes moyennes »  d’accéder à la propriété.

La seule possibilité pour eux est donc de s’éloigner le plus possible de la ville pour aller peupler les zones pavillonnaires qui se développent en périphérie de tous les villages dans un rayon de 40 km autour de Reims.

Les conséquences de ce mouvement sont totalement nuisibles. D’abord pour Reims qui perd régulièrement des habitants, souvent les plus jeunes et les plus dynamiques ; nuisible ensuite pour l’environnement et la qualité de vie : pour ces personnes contraintes de vivre loin de Reims, mais qui y travaillent, la voiture, voire deux voitures par ménage, est obligatoire et ils restent néanmoins coupés des équipements culturels, éducatifs et commerciaux.

Le projet n'ayant pas changé sur le fond et en particulier sur cette question depuis son adoption en septembre dernier, nous voterons contre ce PLU.

Adeline HAZAN

30.01.2008

Opération de Renouvellement Urbain

Intervention de Eric QUENARD lors de la séance du Conseil Municipal du lundi 28 janvier 2008

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

La présente délibération concerne les opérations de renouvellement urbain sur les quartiers Wilson, Croix-Rouge, Orgeval et Les Epinettes.

Si nous souscrivons aux objectifs d’amélioration de l’habitat et de mixité sociale dans ces quartiers, nous ne voterons pas cette délibération pour trois raisons.

1-     Pour une raison de méthode d’abord

Monsieur le Maire, vous avez reconnu il y a encore quelques jours lors de la dernière réunion des Conseils de Quartier, que vous auriez peut-être dû sur certains dossiers consulter davantage les habitants. Je crois que la rénovation des quartiers est un sujet sur lequel effectivement la consultation des habitants aurait dû être engagée. Les Conseils de Quartier n’ont même jamais eu la possibilité de s’exprimer ni de faire remonter la moindre observation sur ces programmes. Or j’ai la conviction que pour qu’un projet soit accepté par la population, il faut qu’elle y soit associée.

2-     Pour une raison de contenu ensuite

Nous avons eu l’occasion à plusieurs reprises dans cette Assemblée, de faire part de nos inquiétudes quant aux orientations de ces projets. A titre d’exemple, nous rappelons notre souhait de voir appliquée la règle 1 logement très social détruit, 1 logement très social reconstruit. Principe retenu d’ailleurs par ATD Quart-Monde lors de la journée du refus de la misère. Or malheureusement ce principe n’a pas été inscrit dans ces projets, ce que je regrette.

3-     Pour une raison de financement enfin

Les sommes mobilisées sont considérables. Toutefois, je redoute que l’Etat ne respecte pas sa parole. Si je dis cela, ce n’est pas par volonté de polémique politicienne mais parce que les crédits de l’Etat consacrés à ces opérations sont en diminution de 40 % dans le budget 2008. Cette loi de finances a pourtant été votée par les parlementaires rémois.

Pour ces trois raisons, nous ne voterons pas cette délibération.

Opération immobilière sur le terrain de la caserne Colbert

Intervention de Jacques MEYER lors de la séance du Conseil Municipal du lundi 28 janvier 2008

 

Monsieur le Maire,

 

Vous proposez de céder à l’Effort Rémois une moitié du terrain de la caserne Colbert, celle dont la Ville est propriétaire (l’autre, comme on le sait est propriété du Ministère de la Défense).

Nous nous étonnons de votre proposition. En effet, vous ne pouvez ignorer que ce terrain est convoité pour y construire une Cité Internationale Etudiante. Ce projet, porté par le CROUS et la Région, vise à construire une résidence pour étudiants étrangers et jeunes chercheurs au cœur de notre ville.

Il vise à renforcer le rayonnement  international de nos établissements universitaires : l’Université de Reims, bien évidemment, mais aussi RMS, l’ESAD…

Il apparaît indispensable pour l’attractivité universitaire, la reconnaissance des ses diplômes à l’étranger, pour le  développement des échanges entre laboratoires de recherche.

Bref, ce projet a pour but de développer l’Université, Ce terrain, par sa surface, sa localisation à proximité du siège de l’Université comme de la Cathédrale, paraissait idéal pour l’implantation de cette Cité Etudiante.

Nous regrettons que vous préfériez favoriser une opération immobilière  plutôt que le développement de l’Université dont le développement, comme chacun le sait ou devrait savoir, est essentiel pour l’attractivité et le développement économique de notre ville.

21.12.2007

Réhabilitation d'une aire de jeux à Croix-Rouge

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Intervention d’Eric QUÉNARD lors du

Conseil municipal du lundi 17 décembre 2007

 

Monsieur le Maire, Chers Collègues, 

La présente délibération concerne la réhabilitation d’une aire de jeux à Croix-Rouge et plus particulièrement sur le secteur des Bourguignons.

Je me félicite de cette décision que je soutiens. Il est vrai que l’état des aires de jeux des quartiers de notre ville et en particulier celles de Croix-Rouge laisse à désirer.

Tout en restant géographiquement sur le secteur Pays de France, je souhaiterais attirer votre attention sur le terrain de jeux du secteur Bonaparte. Il est impraticable et dangereux. Un jeune s’y est d’ailleurs récemment blessé.

L’association Jeunesse Espoir Pays de France qui rassemble des jeunes de Pays de France a travaillé sur un projet visant à la création d’un city stade sur ce site. Cette association rassemble des jeunes qui s’inscrivent dans une démarche constructive. Ainsi, après avoir recueilli une centaine de signatures de jeunes de Pays de France, ils ont engagé une démarche auprès du Foyer Rémois. J’ai eu l’occasion de les rencontrer à plusieurs reprises. Je crois en leur projet.

Aussi, à l’instar de ce qui a été fait à Croix du Sud, à Orgeval, aux Epinettes, je crois qu’il serait intéressant que notre ville puisse accompagner financièrement ce projet.

Renouvellement Urbain - Quartier Croix-Rouge

Intervention d’Eric QUÉNARD lors du

Conseil municipal du lundi 17 décembre 2007

 

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

La présente délibération concerne le Renouvellement Urbain du quartier Croix-Rouge. Vous nous saisissez d’une convention-cadre relative aux échanges fonciers.

Si nous ne pouvons que nous réjouir de la volonté de simplifier les procédures d’échanges fonciers, nous ne pouvons par contre que nous étonner que vous nous demandiez d’acter les modalités sans en connaître le fond.

En d’autres termes, vous demandez à votre Conseil d’acter le principe d'échanges fonciers et d’autoriser les dépôts de permis de construire et le commencement des travaux alors que votre Conseil ne connaît pas le contenu du projet de Renouvellement Urbain que vous avez présenté le 25 octobre dernier et qui doit être signé au premier semestre 2008.

La logique aurait voulu que la démarche soit inversée pour plus de cohérence.

Dans la mesure où nous ne connaissons pas le projet ANRU de Croix-Rouge dans sa globalité, nous ne voterons pas cette convention.

Je vous remercie de votre attention.

 

Vote : l'Intergroupe PS-Verts-Divers Gauche s'est abstenu sur cette délibération

28.11.2007

Passerelle Croix du Sud

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Éric QUÉNARD lors du Conseil municipal du lundi 26 novembre 2007

 

 

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

La présente délibération concerne trois dossiers et nous souhaiterions un vote séparé s’agissant de la destruction de la passerelle Croix-du -Sud.

Ce dossier nous interpelle sur la forme et sur le fond.

Si nous ne remettons absolument pas en cause la politique visant à aménager les commerces de Croix-Rouge en rez-de-rue -bien au contraire-, nous ne pouvons que nous interroger sur la méthode utilisée dans ce dossier dont les habitants ont été une nouvelle fois les grands absents. Pas de consultation ni d’information à leur intention.

Nous attirons également votre attention sur le fond de ce projet. La circulation sur l’avenue Léon Blum est particulièrement rapide et la sécurité des piétons ne sera pas renforcée avec la destruction de cette passerelle.

Pour ces raisons de forme et de fond, nous voterons contre cette autorisation de démolition.

27.11.2007

Ilot Jardelle

Intervention de Raymond JOANNESSE lors du Conseil municipal du lundi 26 novembre 2007

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Dans cette délibération nous vendons un terrain situé rue Paul Vaillant Couturier à l’organisme logeur Reims Habitat.

Vous avez sûrement remarqué que ce terrain se situe à proximité de l’îlot Jardelle qui mérite de notre part ainsi que de Reims Habitat une très grande attention.

Je vous demande si cette vente est liée à une rénovation de cet ilot et dans quelles conditions cela est envisagé. Nous savons qu'un projet existe, il n'a jamais été présenté ni aux habitants du quartier, ni en Conseil de Quartier.

Monsieur le Maire, Chers Collègues, je vous remercie de votre attention.

 

Réponse de L. MALASSAGNE, Adjointe au logement : un projet d'habitations est en cours d'étude qui fait partie d'une restructuration de l'ensemble du quartier. On ne peut pas encore présenter quoi que ce soit.

24.10.2007

Le renouvellement urbain à Croix-Rouge

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Intervention d’Eric QUENARD lors du conseil municipal du lundi 22 octobre 2007

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Permettez-moi de revenir un instant sur ce qui participe d’une certaine manière à la cohésion sociale, je veux parler du programme de renouvellement urbain de notre ville.

Je crois savoir que le projet ANRU 2008-2011 de Reims doit être validé cette semaine puis signé à Paris au début du mois de novembre prochain.

Or, si j’aborde ce sujet, c’est que la partie concernant le quartier Croix-Rouge et plus particulièrement le secteur Eisenhower est aujourd’hui contestée, au moins sur deux points, par de nombreux habitants à en juger par le nombre de signataires d’une récente pétition. Ces derniers s’inquiètent notamment de la création en lieu et place d’espaces verts et d’immeubles, d’une nouvelle voirie et la suppression de deux aires de parkings gratuits limitrophes à l’école Gilberte et Jean Droit.

Compte tenu de ces inquiétudes qui me semblent légitimes, je vous demande si vous avez l’intention, Monsieur le Maire, de consulter préalablement à la signature du projet ANRU 2008-2011, votre Assemblée, le Conseil de Quartier, mais aussi les habitants concernés.

La consultation et la concertation me paraissent indispensables sur ce type de projet si l’on veut obtenir une adhésion de la population.

25.09.2007

Garanties d’emprunt et projet d’aménagement du site de l’hippodrome

Intervention d’Eric QUENARD lors du Conseil municipal du lundi 24 septembre 2007

Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Les présentes délibérations concernent les garanties d’emprunt de laVville pour des constructions de logements ou des achats de terrain. Je voudrais donc revenir quelques instants sur la politique de garanties d’emprunt de notre ville et sur un projet urbain en particulier, à savoir l’aménagement du site de l’hippodrome.

 

1/ La politique de garanties d’emprunt de notre ville

Elle se poursuit invariablement depuis de nombreuses années sans que notre Collectivité ne donne le sentiment de vouloir opposer à ces garanties d’emprunt la moindre contrepartie.

Or au fil des années, la situation a changé. La question du logement est devenue pour beaucoup de nos concitoyens une priorité parce qu’elle a pris une part de plus en plus importante dans le budget des familles avec l’augmentation des loyers et des charges locatives.

C’est pourquoi, je crois que nous devrions envisager de construire une nouvelle relation avec les organismes logeurs de notre ville ; établir un nouveau contrat qui prenne en compte les attentes de la Ville en matière de politique de l’habitat et les exigences qu’elle pourrait formuler. Et la Ville doit avoir des exigences dans sa politique d’aménagement urbain comme d’ailleurs elle doit être sensible à la situation des Rémois locataires. La garantie d’emprunt doit donc être un outil au service de la politique de logement de la Ville.

 

2/ Le deuxième sujet que je tenais à évoquer, c’est l’aménagement urbain du site de l’hippodrome avec la construction de logements

Je veux vous redire que ce dossier me paraît, Monsieur le Maire, bien mal engagé.

Il est bien mal engagé parce que, contrairement à l’idée selon laquelle une large concertation serait mise en place, j’ai appris fortuitement qu’une consultation de promoteurs privés avait déjà été lancée et qu’initialement les offres d’achat devaient être déposées pour le 25 septembre. J’ai cru comprendre que ce délai pourrait être prolongé d’un mois supplémentaire. Je m’interroge d’ailleurs sur le fait qu’aucun des bailleurs sociaux de la ville n’ait été sollicité sur un projet d’une telle ampleur.

Il est bien mal engagé parce que l’on a le sentiment que tout se précipite. Or un projet d’aménagement de cette ampleur nécessite de prendre son temps. Je rappelle que la Société des Courses de Reims à une convention lui permettant de louer l’hippodrome jusqu’en 2010.

Il ne vous a pas échappé que les élections municipales auront lieu en mars 2008. Aussi, ne croyez-vous pas qu’il serait plus sage de différer ce projet et d’attendre le résultat de ces élections au lieu de tout figer dès à présent.

Je vous remercie de votre attention.

 

Réponse de J.L. SCHNEITER :  Concernant l'hippodrome, il y a en effet, un calendrier des élections municipales ! Nous voulons avoir un avis pour savoir ce que cela peut coûter. Nous avons "rendu" un mois de délai à la demande d'un architecte pour aller au bout de la réflexion. Aucune décision n'est prise en quoi que ce soit, rien n'est ficelé. Nous aurons un certain nombre de propositions, cela restera très ouvert. Aucune décision ne sera prise avant les élections municipales.

 

NB : les élu-e-s de l'Intergroupe PS-Verts-Divers Gauche se sont abstenus sur cette délibération

12.09.2007

Le Plan Local d'Urbanisme (PLU) : quel modèle urbain pour Reims au XXIe siècle ?

Intervention de Adeline HAZAN lors du Conseil Municipal du mardi 11 septembre 2007 consacré au projet de PLU

 

Monsieur le Maire,

Vous soumettez au vote du Conseil municipal l’adoption du Plan Local d’Urbanisme.

Un Plan Local d’Urbanisme est un document d’apparence uniquement technique, dont l’intérêt peut sembler a priori limité ou réservé aux spécialistes (les juristes, les architectes et les constructeurs).

Mais en réalité, ce document technique doit être la traduction d’une vision stratégique du développement urbain, la définition du modèle urbain original que les responsables politiques de la Collectivité entendent développer.

En fait, au travers du débat sur le PLU, c’est d’un débat ou d’une vision du développement de l’agglomération rémoise pour les 10 ou 15 ans à venir dont il devrait s’agir.

Or le PLU que vous soumettez à notre vote, n’exprime, au-delà de ses dispositions techniques, aucune véritable vision stratégique ni aucune véritable prise en compte des impératifs de développement de notre agglomération.

Aujourd’hui, notre ville, en tant qu’espace urbanisé, souffre, comme beaucoup d’autres villes, de plusieurs maux dont les principaux sont une crise du logement, un environnement urbain et architectural de qualité limitée, une insuffisante prise en compte des impératifs du développement durable, une division de la ville en segments étanches.

Je vais aborder ces quatre points successivement.

 

         I) La crise du logement à Reims :

Nous voulons que Reims soit une ville dynamique et attractive, nous voulons que Reims soit le cœur dynamique et performant d’un territoire plus vaste, qui est celui de la Métropole rémoise. Avec l’arrivée du TGV, nous voulons aussi que Reims puisse accueillir des flux de population et d’entreprises venant du bassin parisien.

Pour cela, il faut rendre notre agglomération attractive et il ne peut y avoir attractivité sans résolution de la question du logement.

On sait (et ces chiffres sont rappelés dans le diagnostic du SCOT) que le nombre de ménages en 2006 était estimé à un peu plus de 120 000 alors que les premières  projections INSEE étaient à 127 000. On sait que Reims intra-muros a déjà perdu 3 000 habitants. Que si l’on veut atteindre les projections INSEE, c’est-à-dire 137 000 ménages en 2015, et enrayer la fuite démographique, il nous faut des apports migratoires important et donc une politique volontariste de développement du logement.

La question la plus importante est donc la suivante ; elle est d’ailleurs posée dans le diagnostic du SCOT : comment transformer le territoire de l’agglomération en territoire d’accueil et inverser les flux de population et d’entreprises ?

Or le document que vous nous soumettez ne propose aucune piste pour répondre à cette question.

A cet égard, je m’étonne d’ailleurs que vous nous soumettiez le PLU alors que le SCOT n’a pas encore été débattu en conseil municipal, il y a là une logique qui m’échappe…

Et précisément dans le document « Diagnostic territorial du SCOT (chapitre 1 page 45) il est indiqué qu’une  « gestion économe de l’espace et la recherche de la qualité urbaine passent impérativement par « un arbitrage » en faveur des densités urbaines, en rupture à la fois avec les « grand ensembles et avec les lotissements ».

Or vous ne donnez aucune indication à ce sujet, alors que cette question de la « densité urbaine » est fondamentale. Faut-il comme vous le faites, limiter systématiquement la hauteur des immeubles alors que précisément la ville manque de terrains pour y construire des logements ?

Il ne faut pas confondre la question de la densité urbaine et celle de la qualité de l’urbanisme. 

Ce dont souffrent nos quartiers, ce n’est pas d’une densité trop grande, mais d’une mauvaise qualité des immeubles et de l’absence des éléments qui tissent une ville (équipements, espaces publics, services, emplois…).

Concernant les difficultés à se loger pour les habitants, il faut distinguer les difficultés des habitants des quartiers dits « périphériques » et celles des « classes moyennes ».

Concernant les difficultés des habitants des quartiers périphériques, il faut rappeler que ces quartiers ont souvent été conçus entre 1950 et 1970 dans le cadre d’une urbanisation qui a montré ses limites, avec un vieillissement rapide du bâti et que l’on est arrivé à une véritable crise de ces espaces urbains.

Pour résoudre ces difficultés, la politique gouvernementale, relayée localement, consiste à démolir pour reconstruire différemment.

Nous avons déjà eu l’occasion de dénoncer cette politique, qui n’est pas la bonne réponse aux problèmes des quartiers. De nouveaux architectes urbanistes s’élèvent contre ce principe, l’un d’entre eux disait récemment que « casser est un acte paresseux et violent qui nie l’histoire et les gens qui vivent dans les quartiers ».

Ce qu’il faut, c’est rénover les logements des habitants des quartiers, y introduire des commerces, de l’activité, de l’espace public aménagé, des équipements collectifs…

Aujourd’hui, il faut passer au stade de la qualité et faire de ces quartiers des véritables territoires au sens politique du terme, rassembler sur un projet avec des représentants élus et un véritable fonctionnement démocratique.

Difficultés donc pour les habitants des quartiers mais difficultés aussi pour les « classes moyennes »  pour se loger ; ces dernières ne peuvent pas accéder au logement social, mais leurs revenus ne leur permettent plus non plus d’acquérir sur Reims une maison ou un appartement.

La seule possibilité pour eux est donc de s’éloigner le plus possible de la ville pour aller peupler les zones pavillonnaires qui se développent en périphérie de tous les villages dans un rayon de 40 km autour de Reims.

Les conséquences de ce développement sont totalement nuisibles. D’abord pour Reims qui perd régulièrement des habitants, souvent les plus jeunes et les plus dynamiques ; nuisible ensuite pour l’environnement et la qualité de vie : pour ces personnes contraintes de vivre loin de Reims, mais qui y travaillent, la voiture, voire deux voitures par ménage, est obligatoire et ils restent néanmoins coupés des équipements culturels, éducatifs et commerciaux.

Personne d’entre nous sans doute ne souhaite voir se développer ces villes à l’américaine, ces banlieues interminables et monotones qui sont à l’opposé total de ce qu’est une vraie ville…

Il est de notre responsabilité, à nous, hommes et femmes politiques, de mettre en œuvre les dispositions permettant d’éviter ou de limiter de telles évolutions.

Or le PLU qui nous est proposé ne reflète aucune prise de conscience de votre part sur ce point.

Enfin, puisque la vraie question de fond est celle de la répartition de l’habitat dans l’espace, comment imaginer de réfléchir à un plan d’urbanisme strictement rémois, alors que le véritable territoire de développement de Reims dépasse très largement les frontières de la ville, et même celles de la Communauté d’agglomération ?

 

         II) Un environnement urbain et architectural de qualité limitée :

Reims a beaucoup souffert pendant la première guerre mondiale, et à la fin de la guerre, moins d’une dizaine de ses immeubles étaient intacts.

Ces destructions massives ont laissé des traces profondes dans l’inconscient collectif des Rémois, mais elles ont aussi permis qu’à l’occasion de la reconstruction de la ville se constitue un patrimoine architectural de qualité, celui auquel l’exposition consacré à l’art déco de l’an dernier a rendu, à juste titre hommage.

Je me souviens avoir noté une phrase, à l’occasion de cette exposition. Dans l’un des documents mis à la disposition du public, il était expliqué que la richesse architecturale de la reconstruction de Reims est due à la grande liberté laissée à la créativité des architectes.

Avec le PLU que vous nous proposez aujourd’hui, qui continue d’ailleurs ce que prévoyait déjà le POS, une telle créativité est pratiquement impossible, en tout cas limitée. Je pense en effet qu’il n’est pas utile qu’un PLU définisse de manière aussi étroite qu’il le fait des gabarits pour les constructions. Il s’agit là d’une mesure très bureaucratique qui ne peut aboutir qu’à l’uniformité de l’environnement urbain, donc à sa monotonie.

Nous ne devons pas avoir une vision conservatrice du développement urbain.

Une ville est un corps vivant, en continuelle reconstruction sur elle-même. S’il faut conserver les éléments les plus remarquables de son patrimoine et de son histoire, il faut aussi l’ouvrir enfin sur le 21ème siècle.

 

         III) L’insuffisante prise en compte des impératifs du développement durable :

Le développement durable est aujourd’hui un impératif reconnu par tous ; mais cette reconnaissance se limite bien trop souvent au discours, sans se traduire dans les actes.

Or la préoccupation du développement durable, si elle est présente dans le texte du PLU, ne se traduit pas véritablement par des dispositions effectives.

Il faut avoir aujourd’hui à l’esprit ces chiffres : l’habitat produit 23 % des gaz à effet de serre, et consomme 45 % de l’énergie, loin devant l’industrie et les transports.

La responsabilité des politiques est donc de promouvoir les formes d’urbanisation qui limitent les atteintes à l’environnement et favorisent le développement durable.

Nous devons donc en toutes circonstances faire le choix de la HQE (Haute Qualité Environnementale), limiter au maximum la spécialisation des espaces urbains pour favoriser le mélange des activités, multiplier les espaces réservés aux piétons et aux vélos.

Reims manque aussi d’espaces verts, de lieux de promenades pour les familles ; la coulée verte est un projet que nous soutenons, mais qui peut être beaucoup plus ambitieux. Beaucoup de pistes sont à étudier pour augmenter le nombre de ces espaces.

Je voudrais sur ce point faire une proposition : d’ici trois ans, l’autoroute A4 dans sa traversée de Reims perdra son statut autoroutier pour devenir une voie intercommunale. Je propose que soit mise à l’étude la couverture de l’autoroute dans sa traversée de Reims, par exemple entre le pont de Vesle et le pont de Venise.

Ainsi pourrait être réalisé un vaste espace de promenade reliant la Vesle et le canal, et traversé par la coulée verte.

Je sais qu’une telle réalisation est coûteuse, et c’est pourquoi je ne parle à ce stade que de mener une étude. De nombreuses villes le font, ce serait l’occasion pour nous d’avoir de l’ambition et de l’imagination pour notre ville !

 

         IV) Une ville divisée :

Reims est une ville qui apparaît aujourd’hui fractionnée, divisée, compartimentée

Le centre-ville concentre les commerces, les services, les équipements, notamment culturels. Il est physiquement coupé d’une grande partie des quartiers par les obstacles que constituent la ligne de chemin de fer, le canal, la Vesle, l’autoroute…

Symboliquement, ces obstacles renvoient aux fractures économiques et sociologiques auxquelles ils correspondent malheureusement assez largement et qu’ils renforcent effectivement.

Tous les obstacles physiques ne peuvent être supprimés. Je viens cependant de formuler une proposition, s’agissant de l’autoroute, qui devrait permettre que l’un d’entre eux soit atténué.

Mais à défaut de les supprimer, il faut dans notre ville plus de mixité sociale et plus de circulation entre les quartiers.

Les Rémois vont de leur quartier au centre, mais peu vont de leur quartier à un autre quartier, ou du centre dans un quartier.

Pour qu’une circulation entre les quartiers s’instaure, sans laquelle il n’y a pas de vraie ville, il faut répartir les équipements sur l’ensemble de la ville, ce que ne prévoit pas le PLU.

Il faut aussi, nous l’avons souvent évoqué, que la réhabilitation d’un quartier n’aboutisse pas à ce que la moitié des habitants en soit exclus par suite d’une forte hausse des loyers, comme cela est le cas pour le quartier Wilson.

Enfin, je constate qu’une fois de plus les habitants n’ont été que peu impliqués dans la révision du PLU, même si ce document a été présenté en séance plénière des Conseils de Quartier, et même si un registre a été mis à leur disposition à la Mairie.

Il faut vraiment imaginer d’autres façons d’impliquer les habitants et de les faire réfléchir à la ville qu’ils veulent pour demain que ces mesures trop bureaucratiques, elles aussi, et peu attrayantes.

Un architecte réputé, Patrick BOUCHAIN, qui a réalisé un espace culturel à Nantes, a déclaré : « la ville se construit par osmose pas par décret ».

A méditer…

 

Voilà quelques-unes des priorités politiques que j’aurais souhaité trouver dans ce PLU.

Aucune ne s’y trouve, alors que nous, notre ambition, c’est de donner à notre ville un rôle pionnier dans l’invention d’un modèle urbain original et durable.

On en est loin…

C’est pourquoi, nous ne voterons pas ce PLU.

 

Adeline HAZAN

11 septembre 2007

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